Editorial_______________

 

 

 

                                   ASSEZ !

 

 

 

       La Poésie et les poètes ont-ils encore une place dans ce monde en plein chamboulement ? N’avons-nous pas assez que l’on remette en cause les valeurs essentielles que nous ont forgées nos parents et grands-parents ? Au risque de passer pour un empêcheur de tourner en rond, je dis et je répète : « ASSEZ ! ».

 

         Qu’allons-nous offrir à nos enfants ? Un monde où le paraître est bien plus important que l’être ? Où le mépris l’emporte sans cesse sur la considération ? Avons-nous sondé les âmes ? Derrière les parures et le strass, que reste-t-il ? Pauvres de nous qui sommes emberlificotés dans le développement durable, pétri de bons sentiments, d’idées d’hommes et de femmes de bonne volonté mais prétexte hélas du tout et du n’importe quoi. Si nous n’y prenons garde, nous nous enliserons dans les frasques d’une société qui n’a plus de repères. Il est temps de se ressaisir, de se rappeler que la communication n’est pas le règne du tout et du n’importe quoi, que le Net ne remplacera jamais le plaisir de toucher un livre aux illustrations ornant les pages, que le virtuel nous éloigne du concret, des sentiments. Tiens, parlons-en des sentiments. On nous enseigne le changement et on écrase les plus fragiles qui ne sont pourtant pas toujours ceux qui ont le plus démérité mais au contraire quelquefois les plus combatifs.

 

         Où allons-nous, amis poètes, fils conducteurs de la dénonciation des maux de notre société ? Il est temps enfin de réagir. Il est temps de se rappeler que l’écoute des autres est indispensable au bien être de tous, qu’il ne sert à rien de créer des castes ou des groupes de privilégiés qui mettent à mal les fondements de notre société. N’oublions pas Sénèque qui disait : « Il n’y a pas de vent favorable pour ceux qui ne savent pas où ils vont ». C’est un peu ce que ressentent beaucoup d’hommes et de femmes actuellement : nous ne savons pas où nous allons, nous ne savons pas où nous mène ce début de siècle. Le nouveau millénaire était pourtant  source d’espoir pour la Paix.

 

         Assez du nombrilisme, des fausses valeurs, du surmoi, de l’égoïsme et du mépris de l’autre. Assez de faux-semblants, d’hypocrisie et de luttes intestines. Je ne souhaite pas offrir ce monde à mon fils à qui je veux faire découvrir peintures, paysages et Amour. Vous ne voulez pas que vos enfants grandissent dans la peur et dans la haine.

 

         Alors comme il m’est encore permis de croire en l’homme, aux valeurs qui fondent notre société, certes battues en brèche mais où subsistent les braises d’une espérance pour demain, je dis et je répète: ASSEZ !

 

         Ressaisissons nous, relevons la tête, ne courbons plus l’échine, encourageons et écrivons les sentiments, battons nous pour un monde meilleur sans oublier les laissés-pour-compte, les travailleurs de l’ombre, ceux que la société rejette de façon indigne. Retrouvons la tolérance, réapprenons le respect de l’autre, le souffle de la parole, la mémoire des livres, et au final le bonheur des regards.

        

         Blancs, noirs ou jaunes, riches ou pauvres, musulmans, chrétiens, juifs ou incroyants, nous avons tous notre place en ce monde. Ses plaies sont béantes : guérissons-le alors qu’il en est encore temps et  qu’il reprenne enfin les couleurs de la vraie vie.

        

          Amis poètes, nous sommes missionnés par l’Ecriture qui doit encourager ce monde meilleur.

                                                          

                                                                                                                                Pascal DUPUY

 

 

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